Pourquoi mon bébé lutte-t-il contre le sommeil ?
Votre bébé lutte contre le sommeil, résiste à l'endormissement ou met beaucoup de temps à trouver le calme ? Rassurez-vous, ce comportement est fréquent chez les bébés, et bien souvent temporaire. Il ne traduit pas un désordre profond, mais plutôt une réaction à un besoin non comblé ou à une étape de son développement. L'important est d'observer votre enfant, de l'accompagner avec douceur, et d'adapter certaines habitudes pour l'aider à retrouver des nuits plus paisibles.

Pourquoi bébé résiste à l’endormissement ?
Chez les nourrissons et les jeunes enfants, le sommeil peut être perturbé pour de nombreuses raisons. Parfois, un besoin physiologique ou affectif n'est pas satisfait : une petite faim, une couche humide, ou tout simplement un besoin d'être réconforté. D'autres fois, c'est un inconfort passager comme une poussée dentaire, un rhume ou un mal de ventre qui gêne l'endormissement.
Les bébés sont aussi très sensibles à leur environnement et à leurs routines. Un changement récent (comme un déménagement, une modification de chambre, ou l'absence d'un parent) peut perturber leur sentiment de sécurité et impacter leur sommeil.
Et puis, il y a la fatigue elle-même. Cela peut paraître étonnant, mais un bébé trop fatigué peut avoir davantage de difficultés à s'endormir. Lorsqu'il rate son « train du sommeil », l'agitation prend le dessus, et le coucher devient un moment plus compliqué.
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1. Un trop-plein de stimulations dans la journée
Nos journées sont souvent bien remplies… et celles de votre bébé aussi. Un environnement bruyant, une succession d'activités, de nouvelles rencontres, des écrans ou une ambiance très animée peuvent être autant de facteurs qui excitent son système nerveux. Or, pour s'endormir paisiblement, votre bébé a besoin de calme et de repères rassurants.
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2. Une dette de sommeil ou une fatigue excessive
On pourrait penser qu’il est plus facile de faire dormir un bébé très fatigué. Pourtant, l'inverse est fréquent : trop de fatigue empêche le relâchement nécessaire à l'endormissement. Quand votre bébé enchaîne des siestes trop courtes ou saute des moments de repos, il peut accumuler une « dette de sommeil ». Cela rend son corps plus tendu, plus réactif, et moins enclin à s'abandonner au sommeil.
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3. Les pics de croissance ou changements de rythme
Le cycle du sommeil de votre bébé n'est pas figé. Il évolue en fonction de son développement. Les premiers mois, un nourrisson dort beaucoup (jusqu'à 20 heures par jour), sans distinguer le jour de la nuit. Progressivement, il ajuste ses périodes d'éveil et de sommeil.
Vers 4 mois, son rythme circadien (l’horloge interne du corps humain) commence à se réguler. Cela signifie qu'il devient plus réceptif aux signaux extérieurs (lumière, bruit et routines notamment) et peut avoir plus de mal à s'endormir s'il est trop stimulé.
Aux alentours de 8 mois, l'angoisse de séparation fait son apparition. La peur de l’abandon de bébé, notamment au moment du coucher, complique parfois l'endormissement.
Vers 12 mois, avec l'apprentissage de la marche, certains bébés se relèvent la nuit ou se réveillent très tôt. Ces phases de régression du sommeil sont donc normales, mais peuvent temporairement perturber le sommeil de votre bébé.
Bon à savoir : Jusqu'à 4 ou 5 mois, votre bébé peut encore avoir besoin d'un biberon la nuit. Passé cet âge, s'il se réveille entre deux cycles, il peut souvent se rendormir seul. Si ce n'est pas le cas, une présence rassurante suffit bien souvent à l'apaiser, sans nécessairement proposer à nouveau un biberon (sauf indication médicale).
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4. L’anxiété de séparation
L'angoisse de séparation représente une étape fondamentale du développement émotionnel de l'enfant. Elle apparaît généralement vers 8 mois, bien qu'elle puisse se manifester plus tôt chez certains bébés. À ce stade, votre enfant prend conscience qu'il existe indépendamment de vous et que vous pouvez vous éloigner physiquement.
Cette prise de conscience, bien que positive pour son développement cognitif, s'accompagne d'une inquiétude naturelle lorsqu'il se retrouve séparé de la figure d'attachement principale – celle qui répond quotidiennement à ses besoins nutritionnels, affectifs et de sécurité. L'anxiété de séparation peut perdurer jusqu'à environ 18 mois, diminuant ensuite progressivement, bien qu'elle puisse réapparaître par épisodes3.
Au moment de faire dormir un bébé dans son lit, cette angoisse se manifeste souvent par une résistance accrue à l'endormissement, des pleurs lorsque vous quittez la chambre, ou des réveils nocturnes accompagnés d'appels à votre présence. Votre bébé ne fait pas un caprice – il exprime une inquiétude réelle liée à la séparation que représente le sommeil.
Quels gestes adopter pour apaiser bébé au coucher ?
L’objectif n’est pas de contraindre votre bébé à dormir, mais de lui proposer un cadre sécurisant, propice au repos. Voici quelques idées qu’il est facile d’adopter au quotidien.
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Créer une routine du coucher douce et prévisible
Les petits rituels sont vos meilleurs alliés. Un bain tiède, un massage, une histoire racontée doucement, une berceuse chantée dans la pénombre… En répétant chaque soir les mêmes gestes, dans le même ordre, vous signalez à votre bébé qu'il est temps de dormir. Cela l'aide à s'apaiser, à anticiper la séparation du coucher, et à s'endormir plus sereinement.
Chaque famille peut inventer le rituel qui lui ressemble. L'essentiel, c'est la cohérence, la douceur et la présence bienveillante.
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Soigner l’environnement de sommeil
Un cadre propice au repos aide votre bébé à mieux dormir. La chambre de bébé devrait idéalement être un havre de paix, relativement isolé des bruits domestiques et des activités du reste de la maisonnée. La température optimale pour le sommeil se situe entre 18 et 20°C.
Pour que votre bébé associe son lit et sa chambre exclusivement au sommeil et aux moments positifs, il est déconseillé d'utiliser ces espaces comme lieu de punition ou de mise à l'écart.
Enfin, favorisez une vraie différenciation entre le jour et la nuit. Laissez entrer la lumière le matin, tamisez-la le soir. Pendant les réveils nocturnes, parlez peu et doucement, sans allumer les grandes lumières. Cela aide votre bébé à comprendre que la nuit est faite pour dormir.
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Encourager l’apprentissage du sommeil autonome
À partir de 4 à 6 mois, votre bébé commence à développer les capacités nécessaires pour s’endormir de façon plus autonome. Cela ne signifie pas de supprimer les câlins, les bercements ou l’allaitement avant le coucher — ces rituels restent essentiels pour l’apaiser et l’aider à se sentir en sécurité. En revanche, il est utile de veiller à ce que l’endormissement ne dépende pas exclusivement d’un élément extérieur comme les bras, le sein ou le biberon.
Pourquoi ? Parce que lorsqu’il se réveille la nuit — ce qui est tout à fait normal —, il pourrait avoir besoin exactement des mêmes conditions pour se rendormir. En l’accompagnant progressivement vers un endormissement plus autonome, vous l’aidez à retrouver le sommeil seul, sans détresse, entre deux cycles.
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Comment reconnaître les signes que votre bébé est fatigué ?
Identifier les premiers signaux de fatigue chez votre bébé est une compétence précieuse pour faciliter son endormissement. Les signes les plus évidents comme les pleurs ou l'irritabilité intense sont généralement tardifs et indiquent que votre enfant a déjà dépassé sa fenêtre optimale d'endormissement.
Voici quelques signaux qui peuvent indiquer que votre bébé a besoin de dormir :
- Il frotte ses yeux ou ses oreilles
- Il baille fréquemment
- Il devient grognon ou hypersensible
- Il se détend moins facilement dans vos bras
- Il regarde dans le vide, se déconnecte
Lorsque ces signes apparaissent, c'est le bon moment pour le coucher. Si l'on attend trop, l'excitation peut reprendre le dessus, et le moment du coucher devient plus difficile.
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Et s’il continue à lutter malgré tout ?
Chaque enfant a son propre rythme. Si, malgré un cadre apaisant et une routine sécurisante, votre bébé continue à beaucoup résister au sommeil ou à se réveiller très souvent, il peut être utile d'en parler avec un professionnel de santé. Un pédiatre, un médecin ou un accompagnant parental pourra vous aider à comprendre ce qui se joue et vous proposer des pistes adaptées.
La patience et la constance restent vos meilleures alliées. Les habitudes de sommeil peuvent prendre plusieurs semaines à s'établir, et les périodes de régression de sommeil sont normales, particulièrement lors des étapes de développement importantes comme l'acquisition de nouvelles compétences motrices ou langagières.
Faites-vous confiance, et n'oubliez pas : votre bienveillance, votre présence et votre patience sont les meilleurs soutiens pour aider votre enfant à trouver son chemin vers le sommeil.
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FAQ :
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Pourquoi mon bébé devient-il agité dès que je le couche ?
Il est fréquent que les bébés s’agitent au moment du coucher. Cela peut être lié à une difficulté à gérer la séparation, à une fatigue accumulée ou tout simplement à un besoin de réconfort. Même s’il montre des signes de sommeil, votre bébé peut avoir besoin d’un moment de transition rassurant pour réussir à s’apaiser et s’endormir sereinement. Une routine douce et régulière peut l’aider à se sentir en sécurité à l’heure du coucher.
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Combien de temps dure cette phase où bébé lutte contre le sommeil ?
Cette période où votre bébé semble résister au sommeil dure généralement entre 3 et 6 semaines. Elle fait partie de son développement naturel et tend à disparaître avec le temps, surtout lorsque des repères rassurants sont mis en place.
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Mon bébé baille, se frotte les yeux, mais ne veut pas dormir : est-ce normal ?
Oui, ces signes montrent qu’il est fatigué, mais il se peut qu’il ait besoin d’un cadre rassurant ou d’un moment calme pour réussir à s’endormir. C’est une étape fréquente dans l’apprentissage du sommeil.