Le sommeil de votre bébé à 4 mois : comprendre et accompagner les changements
À 4 mois, votre bébé grandit à toute vitesse – et avec cette croissance viennent de grandes transformations, y compris dans son sommeil. Vous avez peut-être remarqué que les nuits sont plus agitées, les siestes plus courtes, et que votre enfant a plus de mal à s’endormir. C’est ce qu’on appelle souvent la « régression du sommeil ». Mais rassurez-vous : ce que l’on perçoit comme une régression est en réalité une progression. Une étape-clé dans le développement de votre bébé, qui marque des avancées importantes, même si elles chamboulent un peu le quotidien.

Qu’est-ce que la régression du sommeil à 4 mois ?
Il est naturel de s’inquiéter lorsque votre bébé, qui semblait trouver son rythme, commence soudainement à se réveiller plus souvent, à pleurer la nuit ou à lutter pour s’endormir. Pourtant, ce n’est pas qu’il « dort moins bien » : c’est son sommeil qui évolue.
Autour de 4 mois, le sommeil de votre bébé devient plus structuré. Il passe progressivement de cycles de sommeil irréguliers à des cycles plus proches de ceux d’un adulte. Son horloge biologique se met doucement en place, ce qui peut provoquer des réveils plus fréquents. Ce que l’on appelle « régression de sommeil » est en fait une période de réorganisation naturelle et nécessaire pour son développement.
À cet âge, il dort en moyenne entre 14 et 15 heures par jour, avec des phases de sommeil nocturne plus longues1. Il peut aussi commencer à se calmer seul, par exemple en mettant sa main à la bouche. Autant de signes positifs, même si les nuits deviennent momentanément plus hachées.
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Quels signes indiquent une régression du sommeil ?
Chaque bébé est unique, mais certains comportements sont typiques de cette phase :
- Votre bébé se réveille plusieurs fois la nuit alors qu’il dormait plus longtemps auparavant ;
- Il a du mal à s’endormir ou à rester endormi ;
- Les siestes sont plus courtes ou moins régulières ;
- Il semble plus agité ou grognon durant la journée ;
- Il cherche plus souvent votre présence pour être rassuré.
Ces manifestations peuvent vous sembler épuisantes, mais elles sont passagères. Elles montrent surtout que votre bébé est en train d’intégrer de nouvelles compétences, ce qui est une très bonne nouvelle.
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Pourquoi cette régression se produit-elle ?
Cette évolution du sommeil de bébén'est pas le fruit du hasard mais le résultat de transformations neurologiques et physiologiques fondamentales. Comprendre ces mécanismes vous aidera à aborder cette période avec plus de sérénité.
Le développement des cycles de sommeil « comme les adultes »
À la naissance, votre bébé dort beaucoup. Son sommeil est très différent de celui d’un adulte. Il dort par petites périodes, sans distinction claire entre le jour et la nuit, alternant entre sommeil agité et sommeil calme. Mais autour de 4 mois, une transformation essentielle s’amorce : ses cycles de sommeil évoluent, se structurent, et deviennent plus proches de ceux d’un adulte.
Concrètement, les cycles du sommeil de votre bébé commencent à être plus réguliers. Ces cycles comprennent différentes phases : sommeil paradoxal, le sommeil lent et le sommeil lent profond2. C’est une avancée majeure dans son développement neurologique, car son cerveau apprend à organiser les phases de sommeil de façon plus stable et prévisible.
Cette évolution peut momentanément bouleverser ses nuits. Il peut se réveiller brièvement, chercher vos bras, ou avoir besoin d’un repère rassurant pour se rendormir. Ces micro-réveils sont donc une conséquence naturelle de cette maturation du sommeil – et non une « régression ».
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Bon à savoir : à l’âge de 4 mois, votre bébé commence à faire la différence entre le jour et la nuit. Le nombre de sieste de votre bébé s’oriente vers un rythme plus structuré : une le matin, une l’après-midi, et parfois une courte en fin de journée.
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Ce passage vers un sommeil plus mature est un vrai progrès, même s’il s’accompagne de nuits entrecoupées et de périodes d’agitation. Gardez en tête que votre bébé apprend. Comme pour toute acquisition – marcher, parler, manger seul – cela demande du temps, de l’adaptation, et de la sécurité affective.
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Des pics de croissance etdes acquisitions motrices
À 4 mois, votre bébé n’est plus tout à fait un nouveau-né. Il commence à explorer son corps avec curiosité : il découvre ses mains, ses pieds, tente de se retourner, de relever la tête, de toucher ce qui l’entoure. Ces grandes avancées motrices marquent un tournant dans son développement… et peuvent avoir un impact direct sur son sommeil.À l’âge de 4 mois, votre bébé cherche davantage à communiquer, par des regards, des sons, des gestes. Ce nouvel élan d’interaction peut l’inciter à rester éveillé plus longtemps, car il a envie d’explorer son environnement et de renforcer le lien avec vous. Cela peut rendre l’endormissement plus difficile, mais il s’agit en réalité d’une manifestation de sa croissance affective et cognitive.
Bon à savoir : Il est également possible que les premières sensations liées aux dents fassent leur apparition : une salivation plus abondante, un besoin de mordiller, une irritabilité accrue… Même si aucune dent n’est encore visible, les gencives commencent à travailler, ce qui peut provoquer un inconfort nocturne.
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Combien de temps dure la régression du sommeil à 4 mois ?
Bonne nouvelle : cette période ne dure pas indéfiniment. En général, elle s’étale sur quelques jours à trois semaines.
Plusieurs facteurs influencent la durée et l'intensité de cette phase : le tempérament de votre enfant, son environnement ou encore d'éventuels événements concomitants (déménagement, reprise du travail, etc.).
L'essentiel est de garder à l'esprit que cette étape est temporaire. Même si elle peut sembler interminable pendant les nuits difficiles, votre bébé finira par intégrer ces nouveaux schémas de sommeil.
Régression du sommeil à 4 mois : que faire ?
Il n’est pas nécessaire de tout changer. Au contraire, l’objectif est de créer un cadre stable et rassurant pour aider votre bébé à traverser cette phase en douceur.
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Maintenir une routine du coucher rassurante
Les bébés sont très sensibles aux habitudes. Mettre en place une petite routine du soir peut l’aider à anticiper le moment du coucher.
Un rituel apaisant peut inclure un bain tiède, suivi d'un massage relaxant avec de notre huile d’amande douce. Le massage favorise la production de mélatonine, l'hormone du sommeil, et offre un vrai moment de complicité entre vous et votre bébé. Il permet aussi de détendre son corps, d’apaiser les tensions accumulées dans la journée et de lui transmettre un sentiment de sécurité affective.
Après le bain et le massage, vous pouvez continuer avec un temps calme : une berceuse chantée tout doucement, une histoire racontée avec votre voix familière, ou encore quelques minutes de câlin en peau à peau dans une lumière tamisée. L’important est que ces gestes soient toujours les mêmes, dans le même ordre, pour qu’ils deviennent des repères rassurants. Ces repères aident votre bébé à comprendre que la journée se termine, et que le moment de dormir approche.
Si vous avez d’autres enfants ou que le quotidien est parfois un peu chaotique, pas d’inquiétude : l’essentiel n’est pas de suivre un rituel « parfait », mais de rester constant dans l’intention. Même une routine simple, de 10 à 15 minutes, peut faire toute la différence
Bon à savoir : vous pouvez aussi inclure des éléments sensoriels qui apaisent votre bébé : une musique calme répétée tous les soirs, ou même l’odeur familière d’un doudou. Ces détails créent un environnement familier qui l’aide à se sentir en confiance.
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Favoriser un environnement propice au sommeil
Votre bébé est sensible à son environnement de sommeil. Quelques ajustements simples peuvent faire une grande différence.
Veillez à ce que la chambre soit régulièrement aérée, idéalement 30 minutes par jour, et maintenue à une température confortable entre 18° et 20°C5. Un environnement trop chaud ou trop froid peut perturber le sommeil de votre enfant.
L'obscurité complète est recommandée pour les nuits, afin d'aider votre bébé à intégrer la différence entre le jour et la nuit. Contrairement aux idées reçues, les enfants de moins de 2 ans ne développent pas encore la peur du noir. Pour les siestes diurnes, en revanche, privilégiez la lumière naturelle filtrée, sans fermer complètement les volets.
L’utilisation de bruits blancs peut également aider certains bébés à s’endormir. Si vous choisissez d’en utiliser un, veillez à respecter quelques précautions :
- Réglez le volume au minimum, en dessous de 30 décibels (comme recommandé par l’OMS) ;
- Programmez une minuterie pour qu’il ne reste pas allumé toute la nuit ;
- Placez l’appareil à au moins 30 cm de la tête de votre bébé ;
- Surveillez ses réactions : si vous observez une gêne, baissez le volume ou cessez de l’utiliser.
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Faire preuve de patience et de réassurance
C’est peut-être le conseil le plus important. Vous êtes le repère le plus sécurisant pour votre bébé. Même s’il se réveille plus souvent ou pleure davantage, il a surtout besoin de sentir que vous êtes là.
Accompagnez-le avec douceur, parlez-lui calmement, rassurez-le avec votre présence. Plus il se sentira en sécurité, plus il apprendra à se rendormir paisiblement. Rappelez-vous que votre bébé ne fait pas de caprices – il traverse une étape développementale intense qui peut être déstabilisante pour lui.
Enfin, gardez en tête que chaque bébé évolue à son rythme. Certains retrouvent un sommeil plus paisible en quelques jours, d’autres mettent un peu plus de temps. L’essentiel est de rester à l’écoute, sans pression.
Bon à savoir : N'oubliez pas de prendre soin de vous pendant cette phase qui peut être éprouvante. Organisez-vous pour vous relayer avec votre co-parent lors des nuits difficiles, et n'hésitez pas à accepter l'aide de votre entourage pour pouvoir récupérer pendant la journée.
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Quand consulter un professionnel ?
Bien que la réorganisation du sommeil à 4 mois soit un phénomène normal, certaines situations peuvent nécessiter l'avis d'un professionnel de santé.
Il est recommandé de consulter un médecin si :
- Les perturbations du sommeil persistent au-delà d'un mois sans amélioration
- Votre bébé pleure de façon inconsolable pendant de longues périodes
- Vous observez un changement marqué dans son comportement général
- Les réveils nocturnes s'accompagnent de symptômes inquiétants comme une respiration difficile, une toux persistante ou de la fièvre
N'hésitez pas à évoquer vos préoccupations concernant le sommeil lors des visites médicales de routine. Votre pédiatre pourra vous rassurer ou vous orienter vers des solutions adaptées à votre situation particulière.
La régression du sommeil des 4 mois être éprouvante. Mais c’est aussi le signe que votre bébé grandit, apprend, s’éveille au monde. En instaurant des repères rassurants, en favorisant un bon environnement de sommeil et en restant à l’écoute de ses besoins, vous l’aidez à traverser cette étape avec confiance.
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FAQ :
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Peut-on “empêcher” la régression du sommeil à 4 mois ?
Non, car il s’agit d’une étape naturelle liée au développement de votre bébé. En revanche, une routine stable et rassurante peut l’aider à traverser cette période plus sereinement.
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Est-ce que toutes les régressions du sommeil se ressemblent ?
Pas vraiment. Chaque bébé vit ces phases à sa manière : certaines passent presque inaperçues, d’autres se manifestent par des réveils fréquents ou une difficulté à s’endormir.
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Faut-il changer la routine du coucher pendant la régression de sommeil de mon bébé de 4 mois ?
Mieux vaut la maintenir. Une routine stable et apaisante offre un cadre rassurant, dont votre bébé a particulièrement besoin pendant ces périodes de transition.
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Comment différencier une régression du sommeil d’un simple mauvais sommeil passager ?
Une régression se manifeste souvent par un changement soudain et durable du sommeil (réveils nocturnes, refus de sieste…), alors que les perturbations passagères durent généralement quelques jours seulement.
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